Récit de voyage : 15 jours au Japon

En novembre, nous sommes partis pour le Japon. Le choix de la période s’est avéré excellent : les couleurs de l’automne sont enivrantes et les 15 jours sont un bon moment pour une première approche.

Voici l’itinéraire que nous avions prévu : TOKYO, KAMAKURA NIKKO, TAKAYAMA, HIROSHIMA, MIYAJIMA, KYOTO.

Nous avons connu le Japon de l’efficacité à Tokyo et le Japon des temples et de l’éclatement de la nature à Kyoto. Nous étions à la recherche de cultures et d’habitudes différentes, comme toujours dans nos voyages, et nous les avons trouvées.
J’ai rêvé pendant des années de ce voyage.

Sept jours à Tokyo

À Tokyo, le plus surprenant, ce sont les rues, le système de transport intégré, la propreté presque maniaque, l’efficacité.
Les larges rues et les larges trottoirs, sont faits pour la marche et pour les quelques voitures (en fait, le système de transport souterrain fonctionne très bien), pas pour le stationnement. Il n’y a pas un mégot de cigarette par terre (en fait on ne peut pas fumer dans la rue sauf dans les endroits réservés (trop ! !) et de toute façon des papiers par terre et de la camelote… même pas l’ombre, partout.

L’appartement dans la résidence WEEKLY MANSION dans le quartier AKASAKA (zone centrale de Tokyo), est petit, mais indispensable. Nous avons parcouru les différents quartiers : de GINZA au quartier rouge KABUKI-CHO : le ventre mou de Tokyo. De SHINJUKU à SHIBUYA avec le fameux croisement dont, quand on est à l’intérieur on ne sent pas la puissance, il faut la voir “debout à l’extérieur” pour en saisir la force. Le marché aux poissons (la vente aux enchères commence à 5 heures du matin et c’est un spectacle).

KAMAKURA NIKKO, TAKAYAMA, HIROSHIMA, MIYAJIMA
Il y a des rivières de mots à écrire sur ces villes. Allez y croire ! Je dirai de TAKAYAMA, le mythique Ryokan TANABE avec Onsen.
Le petit appartement avec entrée, toilette (le siège de toilette chauffé et le bidet multifonctionnel intégré), la grande chambre avec véranda en verre fermée, lavabo, salle de bain avec baignoire. Meubles, parfums, thé. Que puis-je dire… ce sera refait, ce sera une fiction, mais les gars quelle fiction !

KYOTO et les temples supérieurs

Découvrir KYOTO n’est pas facile.
La Planète Solitaire (si douée pour les détails) ne vous donne pas d’éléments globaux pour comprendre la ville. Kyoto n’a pas de métro comme Tokyo. Il n’y a que 2 lignes absolument insuffisantes et donc un trafic de surface cauchemardesque entre les voitures particulières, les taxis et les bus. Même les bus sont un observatoire des coutumes locales. Le chauffeur, portant des gants blancs, en plus de conduire, annonce les arrêts et donne les contraventions. Vous payez votre billet à votre descente. Évidemment, une ligne se forme avec les jeunes et les vieux qui doivent descendre et payer, mais tout fonctionne sans problème.

KIYOMIZU-DERA et le temple GINKAKU-JI. Les guides approfondissent les descriptions détaillées. Ce que vous ne trouverez pas écrit, c’est le soin de la nature : les arbres, les herbes, les fleurs sont choyés (vous brossez les pelouses chaque matin), des centaines d’ouvriers sont engagés dans la garnison de cette immense beauté.
En vous promenant dans les jardins zen, vous comprenez ce que notre proxénète voulait dire quand il parlait du savoir-faire des anciens jardiniers japonais. Une magie!

“Leurs jardins ne sont pas conçus uniquement pour être regardés avec les yeux : l’expérience de la marche dans un jardin japonais comprend une gamme exceptionnellement riche de sensations musculaires. Le visiteur est obligé de temps en temps de regarder où il met les pieds, avançant prudemment le long d’un chemin fait de pierres irrégulièrement espacées sur un petit lac. A chaque bloc rocheux, il doit s’arrêter pour voir où il doit passer à l’étape suivante (…) Le visiteur doit lever rapidement les yeux, s’arrêter un instant pour saisir la perspective fugace d’un paysage qui disparaît dès qu’il déplace son pied vers un nouveau support.”

Achora KINKAKA-JI magnifique dans le paysage dans lequel il est plongé, alors que grande déception pour RIOAN-JI. Partiellement fermé.
Pensez que c’était une des raisons de mon voyage. Je vous dis cela, chers lecteurs, parce que E. Hall cite ce monastère ZEN du XVe siècle et son jardin comme exemple du “MA”, c’est-à-dire du raffinement avec lequel les Japonais aménagent les espaces. Je savais que je rencontrerais ce jardin tout d’un coup, mais au lieu de cela… vous voyez les 15 rochers dans le gravier sans le chemin du monastère et la surprise soudaine… disparaît.
En bref, la vision des 15 rochers est une expérience partielle hors contexte, même si ensemble elle est troublante et sereine.